Loos-en-Gohelle : ville pilote du développement durable

By | 12 juin 2017

Alors que la transition énergétique constitue un défi majeur de notre société, quoi de mieux que d’aller à la découverte de Loos-en-Gohelle, devenue ville pilote en matière de développement durable.
Les membres de Renforh accompagnés de quelques invités se sont donc retrouvés le 4 avril 2017, sur la place de l’hôtel de ville de Loos-en-Gohelle. Le soleil était aussi au rendez-vous.

Un mât érigé en ville témoigne de l’affaissement de 15 m du territoire.

Cette journée très instructive a débuté par une présentation rétrospective de la mutation de la ville. En effet, après une exploitation minière de 135 années, la ville a du faire face à la crise du charbon aboutissant à la fermeture des mines en 1986. L’empreinte laissée : 8 terrils, 9 puits, 20% du territoire constitué de friches industrielles, des affaissements de terrain et une économie locale bouleversée.

Après la rédaction d’un ouvrage historique sur la ville, une première initiative a été de mobiliser la population sur la préservation et la mise en valeur de leur patrimoine local. Ainsi naissait en 1984, les Gohelliades , série de manifestations qui se voulaient être un rassemblement annuel pour tous les amoureux du passé  de La Gohelle et dont le succès au fil des années n’a cessé de croître.

Les années 90 ont été celles de la mutation écologique avec l’implication de la population : retour de la nature en ville, récupération des eaux de pluie, éco construction, gestion différenciée des espaces verts. Une politique intégrant de manière transversale l’économie, le social et l’environnement basée sur les besoins de la population a ainsi été menée.
Aujourd’hui, le travail réalisé porte ses fruits en termes de qualité de vie pour les habitants mais aussi en termes de développement économique avec l’implantation sur le territoire de plusieurs centres de ressources liés au développement durable et d’activités nouvelles (une fabrique théâtrale, un centre des orphelins d’Auteuil, une fabrique de pellets).
La journée s’est poursuivie par une visite guidée de la ville jusque la base 11/19, illustration des transformations écologiques du paysage urbain. Tels ces 200 m2 de panneaux solaires qui ont remplacé les ardoises du toit de l’église Saint-Vaast et qui permettent à la ville de gagner 5 000 euros par an en revendant les 32 000 kilowattheure  produits.
Un peu plus loin, ce sont des espaces verts qui fleurissent sur des friches industrielles autour desquels se sont éco-construits des logements sociaux alors que les terrils s’offrent aux promeneurs et aux amateurs de faune et de flore où plus de 600 espèces se développent.

Après un déjeuner bio pris à proximité du CD2E,
le groupe a pu découvrir le théatre de l’éco-construction dont la vocation est d’informer sur les dimensions techniques et réglementaires de la construction mais aussi de voir et de  comprendre ce que sont les éco-matériaux, comment on les utilise, quelles sont leurs performances et quels sont leurs impacts sur la construction.
Une visite de « la maison de l’ingénieur » a permis d’illustrer par l’exemple une opération, menée dans le cadre du projet « Réhafutur », de réhabilitation très basse consommation d’un logement construit en 1920.

Le groupe s’est ensuite rendu sur le site de LumiWatt,
une plateforme de démonstration des technologies du photovoltaïque. « Il s’agissait de prouver que l’on peut faire du photovoltaïque dans le Nord malgré la réputation qu’il n’y fait pas soleil. En fait, on a juste besoin de lumière, pas qu’il fasse chaud », explique lors la visite le consultant en énergies renouvelables.
Inaugurée en 2011, cette vitrine technologique permet aux professionnels de tester leurs produits en conditions réelles. A cette fin des millions de données sont ainsi capitalisées, analysées et interprétées pour la filière photovoltaïque.
La journée se terminait avec le sentiment partagé par chaque membre du groupe d’avoir pu avoir une vision concrète de ce que l’on appelle la transition énergétique.
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